Une vision peu connue sur le net français, celle d'un naturaliste cependant.

LE PROBLEME LOUP EN ITALIE

Auteur : Franco ZUNINO

Site : Wilderness.it - 01.01.2012

Traduction :


Description:

Un document politiquement incorrect par le simple fait qu'il décrit une vérité perçue comme dérangeante, mais que même Aldo Leopold, le chasseur-écologiste américain que tant d'animalistes citent pour sa prise de conscience de l'importance de protéger le Loup et les animaux prédateurs en général pour leur fonction écologique, aujourd'hui approuverait, justement pour le protéger durablement.


Document:

Nous ne l'avions jamais considéré ainsi, et peut-être que certains s'étaient aussi leurrés en pensant qu'il ne nous arriverait jamais de considérer le loup comme un problème. Un problème il l'était, mais pour nous écologistes, le problème était celui d'éviter son extinction. Nous y sommes parvenus, en premier grâce à une campagne pour sa défense, louable au vu de la réduction que la population avait subi au cours du siècle dernier, soutenue surtout par la toute nouvelle WWF Italie et mise en valeur par l'engagement important du Parc National des Abruzzes sous la direction de son brillant nouveau directeur de l'époque Franco Tassi : "l'Opération San Francesco" pour la défense du Loup s'est conclue par le décret de 1976 signé par le Ministre de l'Agriculture de l'époque Giovanni Marcora, qui pour la première fois en Italie offrait une protection totale à cet animal. Aujourd'hui le Loup est devenu un problème aussi pour nous écologistes, et même si beaucoup veulent le nier : au moins dans quelques zones ils sont certainement trop nombreux !

A ce moment-là on parlait de seulement 100 loups répartis dans le centre et le sud de l'Italie. A cette époque, à vrai dire, je soutenais déjà que 100 loups étaient présents rien que dans les Abruzzes et dans quelques zones limitrophes restreintes ; une thèse basée sur mon expérience dans ce Parc et dans cette région (il y avait alors entre 10 et 20 loups estimés seulement dans le Parc : aujourd'hui pour la même zone on parle d'environ 60). Dans notre hémisphère le Loup est peut-être l'animal qui plus que tout autre, Ours brun compris, a le plus de capacités de survie : peu exigeant, capable de s'adapter soit aux changements de l'environnement sans la nécessité d'espaces sauvages, soit aux besoins alimentaires (des minuscules lézards et souris des bois aux grands herbivores domestiques et sauvages, aux déchets alimentaires humains). Si le Loup n'avait pas été ainsi, il se serait déjà éteint dans la première moitié du XIX siècle, quand il fut chassé et tué par tous les moyens légitimes et illégitimes, avec des fusils, des pièges et des poisons. Et bien, cette capacité de survie est toujours présente aujourd'hui et doit être prise en considération dans l'évaluation du problème actuel. Et c'est précisément à cause de cette capacité qu'aujourd'hui le Loup peut être considéré désormais comme présent dans presque toutes les régions montagneuses et vallonnées de l'Italie (sauf les îles), grâce à sa prolifération et à quelque "coup de pouce" donné par les français pour ce qui concerne les Alpes, même s'il y en a qui s'obstinent à vouloir croire à son retour naturel depuis les Apennins. Cela devrait être un fait notoire que jusqu'à la moitié des années '80 le Loup ne rejoignait pas encore la Toscane, même selon les publications de l'époque faisant autorité ; information qui aujourd'hui encore est démentie non seulement par de nombreux "experts", mais aussi par le même expert qui à cette époque-là en certifiait la présence maximale vers le nord dans les Monts Sibyllins (Boitani, 1981). Mais ce n'est pas que dans le centre nord des Apennins il n'y eut personne pour chercher le Loup, on le cherchait certainement plus qu'on ne le cherche aujourd'hui. Et pourtant aujourd'hui nous devons nous entendre dire par les habituels connus que le Loup était déjà présent depuis un temps en Toscane et même jusqu'en Ligurie. Et ils le disent sans la moindre preuve, seulement pour justifier leur envie qu'il en fut ainsi et pour démontrer par conséquent le "retour naturel" dans les Alpes, vu que la preuve la plus fiable et faisant autorité est là pour les démentir, pour qui veut aller la chercher dans les librairies spécialisées (parce que cet ouvrage de référence est une coûteuse rareté bibliographique : voir la note Boitani 1981). Mais ceci est un autre sujet, déjà largement traité, bien qu'aujourd'hui encore certains continuent à se trouver heureux de la rencontre facile avec cet animal dans le Piémont aux comportements presque domestiques, chose assez rare sinon impossible dans les Apennins (comme si le changement environnemental avait entraîné un changement comportemental face à l'homme!) : mais ceci n'intéresse personne évidemment, sauf les bergers et les éleveurs des Alpes qui et peut-être pas pour rien subissent la plus grande partie des dommages enregistrés en Italie. Aujourd'hui dans les Alpes le loup y est et ça suffit ! Sa pureté génétique c'est ses descendants qui la fixeront. Le fait est qu'aujourd'hui, en Italie, on évalue la présence d'environ 600 loups (certains disent même 1.000). Un chiffre ridicule, même s'il est donné justement par la Commission Agriculture de la Chambre des Députés dans son rapport du 20 juillet 2011 (documenté avec les rapports du WWF, LIPU, Federparchi, associations de chasse et agricole), qui l'été dernier a déchaîné un regain d'intérêt pour cet animal, en ayant pour la première fois envisagé de proposer la réduction du nombre afin de défendre les intérêts des éleveurs et des bergers en général.

Le problème fondamental est que, au-delà de quelques estimations localisées basées sur les hurlements, personne ne sait combien il y a de loups aujourd'hui en Italie. Parce que le Loup n'est certainement pas un animal dont on peut calculer la présence avec des comptages à vue comme on le fait pour les cerfs, les sangliers ou les chamois. Il faut se baser sur des estimations et des extrapolations.

Et alors, faisons-là cette extrapolation, en partant de ce nombre maximal d'environ 100 loups donnés présents en Italie en 1970 (Boitani 1981) et utilisons des données scientifiques, qui sont : Les loups peuvent former des meutes d'un minimum de 2 exemplaires (mâle et femelle) à des contingents beaucoup plus nombreux (4-8 animaux et exceptionnellement même plus d'une dizaine : Boitani 1981). Dans chaque meute seule la femelle plus âgée s'accouple (Boitani 1981). Chaque femelle met au monde entre 4 et 6 chiots (Boitani 1981). La seule donnée incertaine est celle sur la mortalité, dans le sens que personne ne sait ni combien de chiots rejoignent l'âge adulte (mais il est connu que c'est la majeure partie, vu la robustesse de l'espèce, comme c'est le cas chez le renard), ni combien de loups sont tués chaque année par des chasseurs ou des éleveurs. Mais certainement qu'estimer une mortalité arbitraire de 30% annuelle pourrait être une bonne base de calcul sans risquer de se tromper et d'avoir une décroissance - qui n'a pas eu lieu comme le montre l'importance actuelle de la population -, une donnée supérieure étant peu crédible (par ailleurs, avec une mortalité calculée de 40% il n'y aurait pas de croissance), autrement le loup se serait éteint déjà au 19ième et/ou dans la première moitié du 20ième quand il ne bénéficiait d'aucune protection !

Une chose est sure et c'est un autre fait à conserver dans ce calcul : les loups ont toujours progressivement augmenté, la preuve en est leur continuelle expansion territoriale à partir des années '70 du siècle dernier et l'importance actuelle, estimée à un minimum de 600 à un maximum de 1000 environ. En partant de cette donnée de fait et des données citées plus haut, et en prenant toujours le nombre minimal dans le but d'un comptage prudentiel, en faisant un calcul composé et exponentiel, voilà ce que l'on obtient : nous partons des 100 loups estimés en 1970 (même si, comme c'est déjà écrit, ils furent probablement beaucoup plus) ; pour des raisons biologiques nous devons présupposer que ceux-ci étaient groupés en petites meutes de 2 ou 3, peut-être même 4 ou 5 individus (bien qu'en 1970 les meutes fussent de 5 individus maximum ou même moins, donc avec un plus grand nombre de femelles adultes en capacité de se reproduire et bien qu'en Italie des meutes excessivement nombreuses soient très rares pour des raisons environnementales et comportementales - Boitani 1981), mais, pour être large et considérer une moyenne durable dans les ans, nous partons de la donnée de 10 meutes formées par 10 individus chacune : avec une femelle reproductrice dans chaque meute. J'ai choisi exprèsun calcul initial très prudentiel.

En ce qui concerne les naissances, nous les sous-estimons volontairement à seulement 4 chiots par femelle, même si la norme parle de 4-6 chiots. En ce qui concerne la mortalité, pour des raisons déjà citées et par prudence (avec une évidente exagération !) nous estimons une mortalité annuelle globale (chiots et adultes) de 30% du total de la population. En faisant un calcul progressif et exponentiel voilà ce qu'on obtient (pour simplifier je cite seulement les données par tranches de 5 années) :

Année Loups femelles nés morts Total

1970 100 10 40 30 110

1975 159 15 60 47 172

1980  245 24 96 73 268

1985  388 38 152 116 424

1990  617 61 244 185 676

1995  984 98 392 295 1.081

2000  1.576 157 628 472 1.732

2005  2.532 253 1.012 759 2.785

2010  4.072 407 1.628 1.221 4.479

 

Trop ? Je ne sais pas, mais il est certain que le calcul a été fait avec beaucoup de prudence, en prenant à la baisse toutes les données variables. Voulons-nous être critiques au maximum ? Ok, faisons une coupe de 50% en tenant compte des variables non prévues : nous avons tout de même 2.000 loups ! De plus une population en croissance exponentielle continue ! Pour prouver cette tentative d'estimation nous avons la situation espagnole, où c'est connu que des 200 loups environ estimés dans les années '70 (Boitani 1981) aujourd'hui on estime une population de plus de 3.000 loups (n'ayant pourtant bénéficié d'aucune protection avant une vingtaine d'années de cela, et, même, ayant été l'objet d'une chasse limitée au milieu de l'Espagne où l'espèce était et reste majoritairement présente). Une estimation qui donc valide mon hypothèse et mon calcul, partant tous les deux d'une base équivalente, compte tenu que mes chiffres initiaux étaient purement indicatifs. (comme, au moins pour l'Italie, à l'époque je présupposai déjà):

Espagne années ’70: environ 200 loups – 2011 environ 3.000! Italie années ’70: environ 100 loups – 2011 environ 4.000 (réduits à environ 2.000 par zèle)! C'est différent des 600 officiellement estimés !

Soit les espagnols mentent, soit c'est nous qui mentons !

Et avec une telle présence d'animaux super prédateurs nous voudrions nous opposer à l'idée d'en contrôler la population ? Nous prétendons encore payer tous les dommages qu'ils provoquent et que, selon la sous nommée Commission parlementaire, rien que pour la Province de Grosseto atteindraient déjà les 5 millions d'euros (!); et encore cela reste une estimation prudentielle à la baisse, c'est à dire absolument incorrecte, parce que la loi aujourd'hui prévoit que les dommages soient partiellement payés par les éleveurs. Par exemple on ne paye pas les têtes de bétail disparues dont on n'arrive pas à ramener des restes (récemment dans la région de Cuneo les loups ont attaqué un troupeau : 21 têtes ont été perdues, mais il n'a été retrouvé de restes que pour 8 et donc selon la loi seules ces 8 seront remboursées). En Norvège, en Suède, en Suisse peut-être qu'ils exagèrent à limiter le nombre de loups avec des abattages pour n'en avoir que quelques dizaines sur leur territoire, mais ce n'est certainement pas notre situation, où même si on limitait la présence des loups on ne mettrait certainement pas en danger sa population. La situation espagnole ressemble le plus à la notre, où de fait les autorités auraient (ont ?) déjà obtenu de l'Union Européenne l'autorisation d'en réduire le nombre.

Chez nous le problème est donc, au pire, seulement celui d'établir de combien, où et comment, réduire leur présence. Comme d'habitude et encore une fois, nous avons l'exemple américain pour nous venir en aide. Dans le Minnesota où existe l'unique population originelle dudit "loup gris" des Etats Unis, constituée de plusieurs milliers d'exemplaires (ils furent estimés à 41.000 environ en 1980), les autorités ont établi trois tranches territoriales. Dans la première tranche le Loup est protégé de manière absolue, dans la seconde tranche, en cas de dommages excessifs, les autorités préposées à la gestion de la faune sont autorisées à abattre les individus responsables des agressions, dans la zone extérieure à ces deux tranches les éleveurs peuvent librement abattre des loups (chose par ailleurs qui est aujourd'hui permise, sous contrôle, dans tous les USA). Il n'existe pas d'autre solution si on veut contenir la présence du Loup et en même temps le protéger en réduisant les dommages qu'il cause aux animaux domestiques.

En Italie on pourrait au moins pareillement établir des zones (par simplicité et pour des raisons pratiques démarquées par les limites communales) comprenant les Parcs et leurs zones marginales où la protection serait absolue, une tranche externe où des abattages pourraient être autorisés et permis sous la direction des autorités (gardes forestiers, gardes chasse ou même chasseurs autorisés et contre versement d'une somme à établir, et à affecter aux remboursements dans les cas de dommages éprouvés par les éleveurs). Et enfin, le reste du territoire où les bergers et les éleveurs seraient autorisés à des abattages en cas d'agressions sur le bétail si ces abattages ont lieu dans le proche voisinage des troupeaux, des bergeries ou des étables. Ceci en regard du fait que de toute façon les dommages seraient payés à 100% au prix du marché, y compris un bonus pour les dommages indirects. Si le loup est, ce qu'il est, un patrimoine culturel et scientifique pour notre communauté, alors TOUS les citoyens doivent payer pour son salut, et pas seulement les éleveurs !

D'ailleurs, il est inutile de faire semblant (ou mieux, de s'obstiner à soutenir !) que la croissance de la population du Loup n'ait été que de quelques petites centaines d'individus depuis 1970, quand mis à part l'exemple espagnol cité, il existe ce qui est peut-être la reine des preuves, soit au sujet de la croissance soit au sujet des dommages causés par les loups. Dans l'aire du Parc National de Yellowstone les premiers loups furent libérés en 1995. La croissance de la population a littéralement explosé : en 2008 bien que 264 avaient déjà été tués légalement, on estimait cette présence à 1.600 exemplaires divisés en 200 meutes ! De même que la croissance des dommages causés aux éleveurs, bien qu'on soit en présence de populations d'ongulés sauvages parmi les plus riches au monde (cerfs de différentes espèces, bisons, antilocapres) qui ont aussi subi une réduction drastique ; preuve que malgré tous les cerfs, sangliers, chevreuils qui peuvent être présents sur un territoire, le Loup ira toujours chercher le maillon plus faible de la chaîne alimentaire et les proies les plus faciles : les brebis, les veaux et les chevaux ! S'obstiner à soutenir qu'aucun loup ne puisse être abattu signifie fomenter un braconnage sans discrimination et ne pas considérer les droits démocratiques des éleveurs et des bergers à protéger leur propriété. Ce n'est pas comme ça qu'on sauve les espèces à risque, mais en protégeant aussi les droits de ceux qui subissent des dommages économiques à cause de la présence de ces espèces, donc en créant un consensus pas seulement entre animalistes des villes (qui se délectent de la vision de belles photos et de tableaux de loups sur différents sites Internet et qui ne se préoccupent pas des dommages que ceux-ci créent aux éleveurs et aux pauvres bergers !), mais surtout dans les communautés rurales où la présence du Loup est vécue comme une calamité. D'autre part, même la Convention de Berne pour la protection des espèces de la faune sauvage "consent à considérer le Loup comme une espèce seulement partiellement protégée quand elle cause des dommages excessifs". Alors veut-on être plus royaliste que le roi et continuer à interpréter les lois et les directives toujours dans un sens de négation quand celles-ci prévoient aussi l'inverse ? Comme le disent certains : dans un système démocratique la liberté individuelle cesse dés l'instant où cette liberté a des répercussions négatives sur la liberté d'autrui. Un principe sacro-saint, qui est valable aussi pour le Loup !

 

Comment faire valoir le principe de ne pas utiliser des mystifications et/ou de véritables mensonges pour défendre une cause juste ! Et la défense du Loup est certainement une cause juste. Mais peut-on défendre le Loup avec égoïsme écologique ? Enfin comment ne pas se demander : mais si à la place des bergers il s'agissait d'ouvriers métallurgistes, est-ce qu'il serait toujours politiquement correct de les condamner à subir les dégâts de la présence du Loup ? Qu'est-ce qui distingue les deux catégories sociales, l'une à condamner, l'autre à comprendre ? La possibilité de capitaliser des premiers et le salaire fixe des seconds ?

Note - BOITANI 1981. Lupo Canis lupus Linnaeus, 1758, in “Distribuzione di 22 specie di mammiferi in Italia (Consiglio Nazionale delle Ricerche – Corpo Forestale dello Stato e delle Regioni Autonome – Istituto di Entomologia dell’Università di Pavia) Roma 1981.

 

POST SCRIPTUM  - Bien que snobé et/ou ignoré, vilipendé et rejeté par principe par une grande partie du monde écologiste (au lieu de, éventuellement, le contester et le réfuter dans le vif comme le voudrait la bonne règle démocratique et de vie civique, dans le respect du droit de penser et de parole aussi défendu par notre Constitution) le Document ci-dessus publié a été, au contraire, lu avec attention par la XIII Commission Agriculture de la Chambre des Députés qui s'occupe depuis des années du problème des dommages causées par les sangliers et les loups aux agriculteurs et aux éleveurs - et/ou bergers - dans tout le Pays. Selon ce qui a été communiqué au Secrétaire général par le Président de la Commission, ledit Document sera effectivement pris en considération. Il sera surtout apporté une attention particulière quant à ce qui concerne la "stratégie représentée au sujet de la présence du loup - importante, dans les grandes lignes, pour déterminer trois catégories de zones, avec différents degrés de protection - laquelle constitue une proposition qui pourra être approfondie au cours de l'activité législative que la Commission se propose de développer ". Evidemment il y a encore des personnes dans ce Pays qui savent utiliser la logique et le bon sens pour chercher à résoudre les nombreux problèmes posés par la société, et dans ce cas le fait qu'une présence EXCESSIVE de sangliers et de loups ne peut être soutenable dans un Pays surpeuplé et développé comme le notre.

Un problème qui, par ailleurs, désavoue toutes les thèses "écologiques" sur le fait que justement la présence du Loup aurait permis de maintenir basses les populations d'ongulés, chose qui au contraire, ne se produit pas régulièrement ; tout au moins dans notre Pays. Les entichés du "totem" Loup, idéalisé et imaginé en tant que symbole d'un monde sauvage qui n'existe plus chez nous si ce n'est en petits bouts d'aires asservies et enfermées entre villages et villes, zones agraires et pâtures, routes et autoroutes (ou maintenant même le Loup est contraint à vivre), ignorent la variable que si une telle règle peut valoir pour les grands espaces de wilderness du nord de l'Amérique ou de l'Europe Asie où les seules populations d'herbivores sont des ongulés sauvages (mais, malheureusement, de plus en plus souvent, même là, l'homme est obligé d'intervenir pour réduire l'importance du Loup), ceci, surtout, ne peut arriver dans un Pays comme le notre, où la présence des troupeaux domestiques dépasse de loin celle des sauvages. C'est une simple question de bon sens, mais le bon sens est souvent enseveli sous une couche d'illusions éco-animalistes lesquelles finissent par faire encore plus de dégâts que les espèces animales qu'elles voudraient protéger, comme le Loup et l'Ours. On ne peut sauver ours et loups en ignorant les droits de l'homme, au prétexte (non déclaré, mais de fait avalisé) que les citoyens qui subissent les dommages du Loup et du Sanglier doivent payer pour le droit de toute la société à jouir de la présence de ces animaux, au lieu que ce soit la société à payer les dommages que leur présence occasionne à quelques citoyens. Les règles écologiques sont bien en théorie, mais dans la pratique elles sont toujours corrigées par un peu de bon sens ! On sauve le Loup en respectant les droits de ceux qui subissent les dommages du Loup. Pas en transformant les plus grands "supporter alimentaires " du Loup en ses pires ennemis !


Date de publication : 01/01/2012


Note: TOUJOURS SUR LE LOUP, SON RETOUR DANS LES ALPES ET LA PREDATION: QUE DE VERITES QUI DERANGENT !

Pour conclure, voici une information tout à fait réconfortante pour ceux qui ont critiqué le document de l'AIW sur le problème du Loup en Italie et sur la thèse, qu'a toujours soutenue le soussigné, que le loup dans les Alpes piémontaises est arrivé de France et non des Apennins ! La revue "Parcs du Piémont" publiée par la Région Piémont, depuis toujours partisane de la défense du Loup dans les Alpes indépendamment de sa provenance (les Apennins sont toujours donnés comme origine certaine), et qui dans les dernières années a toujours cherché à minimiser les dégâts faits par les loups, dans son dernier numéro (8 - août/septembre 2011) dit ceci dans un article signé par la collaboratrice Claudia Bordese :

" ( ... ) Les loups sont revenus dans les vallées alpines Piémontaises ( ... ) franchissant la frontière de la France et avançant jusqu'à l'Ossola . ( ... ) comme toute médaille, celle-ci aussi a son revers. Nos montagnes sont depuis des siècles une source de subsistance pour ceux qui se consacrent à l'élevage ovin et caprin. (...) Les attaques - environ 300 pour la seule saison d'alpage 2009 dans le Piémont - causent des dommages qui dépassent de loin le nombre de têtes de bétail tuées. Il faut en effet aussi prendre en compte les nombreux animaux blessés et disparus, ceux qui pour échapper à l'attaque se sont précipités dans un ravin, ou qui par peur ont une production de lait drastiquement réduite. De plus, le déséquilibre psychologique affaiblit ultérieurement les survivants. Les frais de gestion augmentent, parce que les animaux ne peuvent plus être laissés seuls, et on doit souvent avoir recours à l'utilisation d'enclos électrifiés ou à des chiens de protection. (...) les chiens, instinctivement préparés à attaquer et à repousser les loups, peuvent parfois devenir un problème pour les randonneurs de passage. A tout ceci s'ajoute les difficultés psychologiques de travailler dans la perspective constante d'une attaque. Il est évident qu'il ne suffit pas d'une compensation économique des animaux tués pour résoudre le problème."

En d'autres termes, c'est la même chose que l'on peut lire dans mon Document "Le problème Loup en Italie", seulement l'auteur n'est pas Franco Zunino mais Claudia Bordese collaboratrice du Parc du Piémont, et ce sont des mots que semblent retenir le rapport de la Commission Agriculture de la Chambre qui est en train d'étudier ce problème ! Il ne reste qu'à souhaiter que cette Commission tienne compte de cet article qui, je le répète, ne provient pas de l'habituel Franco Zunino et publié par le "méprisable" (pour beaucoup) "Wilderness/D", mais d'une autre personne et qui est publié dans un journal faisant autorité et se rangeant du point de vue écologique "du bon coté" (même si une position impartiale serait souhaitée) et qui a toujours défendu jusqu'à hier encore une thèse diamétralement opposée à propos du retour du Loup dans les Alpes (Directeurs en tête !). Sans parler des dégâts que les loups sont en train d'infliger au pastoralisme piémontais, en s'en foutant (les loups) des milliers de sangliers, cerfs et chevreuils qui peuplent son aire actuelle et des belles théories des manuels écologiques qui plaisent tant aux animalistes et aux écologistes de peu de valeur ou mieux de bancs d'école : les maillons faibles de la chaîne alimentaire du Loup en Europe étaient et restent toujours la brebis, la chèvre, le cheval et le veau !

Dommage que cet article "courageux" (car en contradiction avec tous les autres articles précédemment parus dans cette même revue - je le répète, souvent dirigée par des animalistes anti-chasse convaincus !) se perde ensuite vers la fin, là où plutôt que de trouver le courage de dire aussi qu'il faudrait réduire le nombre de loups, Claudia Bordese se tire d'affaire avec des mots et annonce l'habituelle solution à l'italienne : une commission d'étude pour décider quoi faire ! Mais c'est déjà quelque chose, vu que jusqu'à récemment les deux sujets abordés et mis aujourd'hui noir sur blanc par le Parc du Piémont étaient tabous ! Si on ne fait que reconnaître l'existence d'un problème : et oui, c'est déjà ça !

LE LOUP DANS LES ALPES

Doutes, indices et vérités cachées. Le cas du jeune loup de Ormea (Cuneo) Voilà, les loups sont revenus, ont écrit les journaux du savonese, fin octobre 2010. Mais les loups n'étaient pas en train de revenir, ils étaient et sont juste en train de devenir de plus en plus nombreux... Et ils ne proviennent pas des Apennins mais des Alpes, c'est à dire de la souche à partir de laquelle la population s'est constituée après les libérations répétées faites sur le versant français de la part des amoureux de cet animal, qui pour l'avoir n'ont pas hésité à libérer ceux qu'ils détenaient dans leurs propres enclos d'au-delà des Alpes, sans faire dans la finesse quant à leur pureté génétique et à la provenance géographique, comme l'a montré une Commission d'enquête du gouvernement français datant de quelques années (avec un rapport documenté de trois volumes pour un total de presque 1000 pages, dont tout le monde ici en Italie ignore l'existence, ou fait semblant de l'ignorer). Dans la Province de Cuneo fut capturé un jeune loup qui traînait dans la ville d'Ormea (haute Vallée Tanaro). Un louveteau fin octobre, est certainement chose étrange compte tenu de la biologie de cet animal, dans le sens qu'en octobre les jeunes nés au printemps devraient déjà avoir une taille adulte et ne plus être des louveteaux ; signe peut-être d'une pureté de la race très discutable, comme il arrive pour les sangliers hybrides qui se reproduisent aussi en plein hiver. Remédier à cette épineuse question reviendra aux chercheurs, en espérant que leur objectivité ne soit pas égale aux oubliettes où ils ont relégué le rapport du gouvernement français.

 


AWI