Bien que le blog ait déjà publié les traductions de deux articles du Journal LA SPIA DELLA MAREMMA, reprenons les choses dans l'ordre et donc revenons à l'éditorial signé Richard HARRIS.

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L'expression "In bocca al lupo" équivalent français de "dans la gueule du loup" est une façon de souhaiter bonne chance en italien ( dans les mêmes circonstances où nous utilisons le mot de Cambronne !).

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La Spia (l'Espion) considère la Maremme comme une métaphore d'une Italie qui doit être moderne dans la valorisation de l'ancien ; ce qui veut dire reconnaître et repecter un patrimoine culturel, agricole, naturel, paysager, humain et autre, dans son ensemble, comme un contexte dynamique, non pas à conserver en l'état, mais à gérer avec les moyens disponibles vers des objectifs possibles. Le tout facilité par les outils de communication et de partage d'une nation démocratique et dynamique.

loup

Pour autant que je me souvienne, l'absence de loups n'était pas un problème particulièrement ressenti dans la Maremme. En effet, la politique « d'empêcher la perte d'identité génétique du loup dans une zone d'Italie centrale où la présence d'hybrides loup-chien a été vérifiée » trouve son origine dans un plan d’action de la Communauté Européenne. Elle ne vient certainement pas d’exigences locales du genre « Aahh, comme ça me manque les loups à Scansano ». En ce sens, la Province de Grosseto a été soudoyée en tant qu’ « opérateur écologique » pour le soutien d’un bien commun à un niveau dépassant de loin son territoire.

Je ne vois aucun mal à cela. Mais quiconque choisit « d’opérer » dans un milieu où l’écologie est précieuse, ne peut le faire sans prendre en compte les différents acteurs et les intérêts qui seront touchés. Le « pique-niqueur » ne doit pas laisser traîner des sacs en plastique, ni le chasseur des cartouches. L’agriculteur ne peut pas brûler les chaumes, et la mine ne peut pas contaminer les nappes phréatiques. La Province ne peut pas agir pour la protection du loup, par la volonté des autres, sans prendre en compte la signification et les retombées pour les siens.

D’autre part, je n’ai aucune raison de penser que la Province n’avait pas démarré le projet en toute bonne foi. Qui peut dire que les effets collatéraux auraient été prévisibles et contrôlables ? Ce qui m’intéresse est ce que nous pouvons apprendre aujourd’hui pour améliorer le projet en particulier et pour la préservation de la Maremme en général. Voici les deux communiqués de presse de la Province de Grosseto, à six semaines d’intervalle:

26 novembre 2013 - Projet européen Life-Ibriwolf : présentation du Plan Provincial pour la réduction du vagabondage des chiens. La méthode avec laquelle il a été rédigé est un cas unique en Italie : pour la première fois le Plan est le fruit de la concertation entre tous les acteurs concernés. 

7 janvier 2014 - Attaques contre les élevages : demandes de mesures urgentes au Gouvernement et à la Région. Un document partagé par tous les maires est envoyé à la Région.

Que s’est-il passé entre ces deux dates ? Les attaques ont-elles augmenté ? Nous ne pouvons pas le savoir parce que la Province n’a pas rendu les données publiques (ou ne veut pas, ou ne peut pas).

Ce qui s’est-il passé est que on-ne-sait-pas-qui a commencé à déposer des loups tués devant les Mairies pour faire comprendre que « la concertation entre tous les acteurs » n’y était pas.

brebis

Je crois que dans le passé la Province a choisi de minimiser le problème des brebis - et non des loups -, avec la désinvolture de ceux qui ne craignent pas les questions ou les approfondissements de la part d’une presse locale qui n’a rien fait de plus (avant les loups tués) que republier au bon moment les communiqués de presse de la Province : par exemple Il Tirreno, le 27 novembre 2013, Il Giunco le 26 novembre 2013.

En réalité, c’est la transparence, la « bête » en voie d’extinction qu’il faut défendre. Mais les outils pour la garantir seraient là : la communication objective (la Spia essaye) et le partage ouvert ( la Province essaye encore).

Richard HARRIS

 

r harris


 SOURCE : http://www.laspiadellamaremma.it/

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