Traduction d’un article de Michele Corti qui parle d’une certaine vision de l’écologie, celle du WWF, de Legambiente aussi (la plus grande organisation écologiste du pays) et de leur position face à l’installation d’une "petite" centrale de biogaz dans le Parc de la Maremme. Le "boom" des centrales de biogaz a pris une certaine ampleur en Italie (son opposition aussi). Certains lorgnent aussi la montagne, bien sûr : dans la Valsassina, par exemple, ils voudraient lier les éleveurs par des contrats de 20 ans pour produire du gaz avec le fumier. Animaux enfermés, nourris avec des aliments pour bétail, dans une région de tradition pastorale et fromagère, aux fromages très réputés. Un comble.... Et les malheureux éleveurs qui mordraient à l’appât ne pourraient guère faire marche arrière. Ceci est expliqué dans cet article de "Ruralpini".


 « L’écologie est morte »  (25 Avril , 2014)

Lisez les motivations des organisations écologistes en faveur d'une installation de biogaz dans le Parc de la Maremme, une installation qui sera suivie par d’autres, car comme le dit Legambiente , «il faut réaliser un parcours spécifique de révision du Plan actuel du Parc de la Maremme, non seulement pour les installations comme celle dont il est question, mais aussi pour les autres types d'énergies renouvelables, pour faire que le Parc devienne de plus en plus un laboratoire de systèmes innovants dans le domaine des énergies renouvelables, en plus d’être une aire à préserver et à protéger ».

Voilà la mort de l'écologie : une « protection » et une « préservation» de façade, qui se traduit en activités fournissant du « chiffre d’affaires » aux écologistes : fauteuils, consultations, projets qui n’améliorent rien et, à côté, même dans les Parcs l’exploitation extensive et omniprésente du territoire pour la production d'énergie (mais pour les circuits affairistes des « renouvelables », où Legambiente s’est inséré de manière entrepreneuriale, ce qui compte ce sont les profits spéculatifs). Quant au WWF il accepte également toutes les motivations des biogazistes ( il n'y a pas d'impact, cela ne dérange pas, cela ne se voit pas). Et voici la perle : « Deux cents animaux dans un étable, c'est beaucoup mais ce n'est pas trop, surtout parce qu’avec un plus petit nombre de têtes, l’exploitation n’arriverait pas à supporter le coût de l’installation. Naturellement, il serait mieux que soient prévus le pâturage ou des paddocks et non un système d’élevage enfermé, mais il s'agit d'un raisonnement éthique qui sort du cadre du débat ».

Mais le médecin prescrit-il de faire du biogaz ? Quel est ce raisonnement « écologiste » où un élevage intensif, qui doit être grand autrement (le pauvre !) il ne peut pas faire du biogaz, va bien dans un Parc ? Quel est ce raisonnement où un système extensif (le Parc de la Maremme est célèbre pour l'élevage de ses vaches de la race "maremmana" en plein air) est une question éthique hors sujet ? Est-ce qu’il n’est pas question de biodiversité, d’émissions polluantes, d’utilisation d’Ogm (présents dans tous les aliments) dans un système zootechnique intensif ? Est-ce seulement de l’éthique ou est-ce de l’'écologie ? Mais peut-être que pour le WWF l'écologie n’est que le panda ou le loup. Pour le reste, une agriculture industrialisée, même à l’intérieur des Parcs, ça va. Le WWF agit plus sur le « privé » par rapport à Legambiente qui développe son busines grâce à son insertion dans le système administratif institutionnel, en symbiose avec les organismes publics, multiutility, etc.. Ce n’est pas que le Panda dédaigne les râteliers offerts à l'écologie « raisonnable » par le système politique  (et parmi les râteliers il y a les Parcs), mais il veut ne pas perdre les sponsors des grandes sociétés capitalistes et donc ne pas « déranger le conducteur ». Non loin de Alberese, dans le Parc de la Maremme, il y a la lagune de Burano. Elle aurait pu être sérieusement menacée par la production de biogaz de la société Sacra (à l’époque il y avait Tronchetti Provera et le gotha de la finance de sang bleu lombarde).

Le WWF gére l’oasis par aimable concession de la Sacra et peut-être qu’il n’était pas utile au WWF de mécontenter les aristocrates et les riches actionnaires de la Sacra socialement affiliés à l'idéologie du WWF (né de princes-financiers comme Bernhard de Hollande). C’est ainsi que tout allait bien pour la plus grosse installation de biogaz de Capalbio. Comment a fini cette histoire est une chose connue : la centrale ne se fait pas parce que la Province et la Commune s’y sont opposées, mais la Sacra a engagé un recours pour des millions de dédommagement. Le WWF est resté silencieux tout au long de l'histoire du biogaz de Capalbio. Alors maintenant comment peut-il s'opposer à la centrale beaucoup plus petite de Alberese ? Il n’a pas la conscience tranquille, il a la conscience sale, il défend l’indéfendable et donc doit s'aligner avec les affairistes de Legambiente, qui n’ont pas l’intention de se limiter à la seule centrale de biogaz de Alberese.

 

L'écologie est morte (25 Avril , 2014)

sur les crêtes sans vent occupées par des éoliennes / l'écologie est morte
entre les coupoles qui poussent comme des champignons vénéneux / l'écologie est morte
dans les champs solaires qui reflètent les collines / l'écologie est morte
dans les fumées des centrales qui violent le cœur des villages / l'écologie est morte
dans les mensonges des faux traitements à froid des déchets / l'écologie est morte
dans le business vert qui empoisonne la vie naissante/ l'écologie est morte

  

Maremma_Mappa

 

 


Pour l'Association "Italia Nostra" (sauvegarde des biens culturels, artistiques et naturels) : le biogaz est incompatible avec le Parc.


vaches-maremma

 Vaches maremmane

 

Burhinus_oedicnemus

L'oiseau intolérant au digestat (Burhinus oedicnemus)

 



TRADUCTION de ce que dit l'Association ITALIA NOSTRA, histoire d'en apprendre un peu plus sur le sujet !

 

Une installation de biogaz dans le parc de la Maremme !


Parmi ces adjectifs, lesquels utiliseriez-vous pour faire la promotion du Parc de la Maremme? “Beau, sain, silencieux, parfumé, naturel, vert et bleu, ou bien industriel, polluant, bruyant, puant, dangereux pour la santé et spéculatif ”. Certainement les premiers et non les seconds. Une installation pour la production d'énergie est une structure très complexe tant dans la phase de construction que dans celle de gestion. Et comme peu de personnes nous disent ne pas être d'accord avec la demande d'installation dans le Parc de la Maremme, je voudrais expliquer, même si cela paraît ennuyeux, ce qu'est une installation de biogaz de façon à ce que tout le monde puisse comprendre de quoi il s'agit, et éviter ainsi qu'on soit induit en erreur par un nom si enjôleur.

- le substrat (c'est à dire le matériau utilisé pour la production du gaz) est composée de lisier, produits agricoles et déchets agro-industriels qui ne sont pas, comme on a l'habitude de dire, à kilomètre zéro, mais doivent être transportés des lieux de production très éloignés jusqu'à l'installation de transformation, comme c'est la cas pour n'importe quel autre processus industriel ;

- le substrat doit être préchauffé jusqu'à 75° minimum dans des silos, avec des échangeurs de chaleur à eau chaude, non pas, comme on pourrait le croire, pour lancer la fermentation, mais pour stériliser le matériau qui, de façon évidente, contient une quantité exceptionnelle d'agents nocifs et même pathogènes ;

- le temps de fermentation se poursuit quelques mois, pendant lesquels la masse biologique doit être continuellement agitée et les silos qui la contiennent doivent être réchauffés en permanence, toujours avec de l'eau chaude et toujours à 75° ( pour se rendre compte : 75° est la température de radiateurs brûlants);

- le méthane produit doit être “purifié” avec l’élimination de la vapeur d'eau, de l’hydrogène, du dioxyde de carbone, de l’hydrogène sulfuré et de tout ce qui peut le rendre inutilisable; cette purification s'opère avec le post-refroidissement du gaz avec de l'eau à zéro degré ;

- le gaz doit être brûlé sur place pour produire de l'énergie électrique à mettre dans le réseau et, pour obtenir une puissance de un mégawatt, il faut environ 30.000 tonnes de biomasse et deux grosses turbines à gaz fonctionnant continuellement;

- les résidus de ce processus industriel sont considérés non pas comme “fertilisant” mais comme “amendement”, ils sont épandus sur les champs seulement dans une proportion contrôlée, et l'excédent doit donc être transporté ailleurs.

Un installation de production de biogaz est:

- bruyante, à cause de moteurs fonctionnant en permanence et de l'allumage des fourneaux qui brûlent le méthane excédentaire ;
- malodorante, à cause de la fermentation de la biomasse et des lisiers dans les zones de stockage et de la caractéristique des digestats, c'est-à-dire des purins et des masses de déchets ;


Elle produit des émissions nocives telles que : oxyde d'azote, en plus de la suspicion d'avoir pu être à l’origine de la bactérie tueuse qui a causé la mort de 20 personnes en 2011 en Allemagne*(botulisme). D'ailleurs il faut se rappeler que dans la zone de production du Parmesan Reggiano, la Région Emilie Romagne a interdit l’installation de ce type d'équipement industriel. Donc une centrale de biogaz n'est rien d'autre qu'une installation industrielle polluante et le résultat d'un opportunisme, étant donné qu'elles bénéficient des mesures d'incitation de l'Etat. Et nous voudrions en réaliser une à l'intérieur du Parc de la Maremme ?

Dans cette histoire, qui n'a rien de drôle en soi, ce qui par contre fait sourire est la position du Président du Parc issu de l'Association écologiste Legambiente, ainsi que la position de la Coldiretti qui, à travers son Président, écrit que l'installation, dans l'ensemble, serait grande comme une annexe agricole et ferait du bruit comme un tracteur. Comme si les annexes agricoles n'étaient jamais devenues des habitations (ou gîtes) et si les tracteurs normaux restaient en marche nuit et jour, tous les jours, toute l'année. La Coldiretti toujours, écrit qu'en faisant ce choix, les propriétaires de l'exploitation ont décidé de réduire le risque nitrates. La science agraire et la tradition nous enseignent que pour obtenir ce résultat dans une exploitation de 30 ha, 12 tonnes de fumier naturel par an suffisent, alors que pour faire marcher cette installation, pour qu'elle reste de 100 KW, il faudra 3.500 tonnes de biomasse. La finalité écologique et la bio-compatibilité de cette installation sont donc un gros canular.

Il est écrit dans les journaux que le Comité scientifique du Parc pense de la même façon, c'est à dire est favorable. Nous aimerions savoir s'il est favorable par sympathie pour ceux qui ont voté leur nomination (les demandeurs de l'installation sont des conseillers du Parc) ou parce qu'ils ont vraiment des éléments techniques et scientifiques pour y être favorable. Le Président du Parc des Collines Métallifères, Luca Agresti, est d'accord puisque le Comité scientifique du Parc l'est. La position de Agresti est une conviction qui procède de la foi, donc non discutable, et va même jusqu'à espérer qu'on fasse une installation comme celle-ci dans chaque exploitation à l'intérieur du Parc. Quelle sensibilité ! Le Conseiller Lolini est plus pragmatique: il y a des difficultés dans l'agriculture et comme " l'argent n'a pas d'odeur " bienvenue aux installations de biogaz, qui, contrairement à l'argent, puent fortement, font beaucoup de bruit et sont polluantes.


Michele Scola

Presidente della sezione di Grosseto di Italia Nostra

*Pr. Boehnel de l'Université de Göttingen (botulism)

 


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