Il a déjà été question de la zone d'Ormea, très proche de la frontière franco-italienne dans un article (traduit de Ruralpini) à propos des chiens de défense de troupeau et de la sortie remarquée de son Maire. L'article qui suit vient de paraître dans la Revue "Quale formaggio" concerne justement des rencontres prévues à Ormea dans le cadre de la protection du pastoralisme piémontais. (Tout en répondant à l'attitude de ce nouvau Maire qui entend pénaliser les éleveurs à cause des chiens de défense qui leur ont été imposés).

 


http://www.qualeformaggio.it/resistenza-casearia/4-attualita/2484-a-ormea-per-sostenere-la-pastorizia-ed-educare-il-turismo

Traduction :

A Ormea pour soutenir le pastoralisme et éduquer le tourisme

La Vallée Tanaro et les Alpes du Sud cachent une richesse intrinsèque dans la variété de leurs paysages, parfois âpres et sévères, souvent difficiles à vivre, et incontestablement magnifiques. Ici les "terres hautes" possèdent des moyens et des opportunités qui ne sont pas encore valorisés de manière écologique et rentable. C'est à partir de ce constat qu'est née une initiative intéressante voulue par le Parc du Marguareis et l'Ecole Forestière d'Ormea appelée justement « le plaisir de vivre les hautes terres ». Il s'agit d'un cycle de rencontres dédiées aux ressources de ces vallées, avec la conviction qu'il faut relancer la possibilité de développer une nouvelle économie, basée sur une utilisation durable de l'environnement alpin.

Le cycle de rencontres s'ouvrira samedi prochain 27 septembre à 9h30 à l'Ecole Forestière «Barbero» d'Ormea, avec une première conférence sur le thème du «bon pâturage» : une rencontre qui vise à faire émerger les opportunités offertes par l'activité des bergers et en même temps à aborder les nombreuses problématiques rencontrées quotidiennement par ceux qui vivent sur ce territoire en effectuant la transhumance avec leurs animaux.

Les organisateurs soulignent : « c'est justement parce qu'il est une activité en mouvement entre alpages et fonds de vallées que le pastoralisme représente un excellent indicateur des transformations de la montagne dont les bergers sont à la fois les témoins et les protagonistes. Le pastoralisme de montagne n'est pas seulement une source de subsistance pour ceux le pratiquent, mais une richesse écologique au bénéfice de tous puisqu'il contribue à maintenir ces habitats (pâturages, prés de fauche) que les touristes aujourd'hui prennent souvent pour des paysages naturels, alors qu'au contraire ils dépendent de la sueur et de la main de l'homme ».

Le organisateurs poursuivent : «Sans compter qu'un certain type de pastoralisme représente aussi une valeur culturelle, puisque dans ses savoirs et ses saveurs, et dans ses pratiques, se cache une tradition antique qui a su parvenir au troisième millénaire en conciliant passé et innovation».

Par sa valeur économique, écologique, culturelle et aussi touristique (les visites guidées dans les alpages sont de plus en plus répandues et les produits d'alpage constituent un marché que la nouvelle culture de la nourriture bonne et saine est en train de faire croître), le pastoralisme de montagne est une activité à protéger et à développer avec conscience, grâce aussi à des pratiques de gestion renouvelées qui permettent une amélioration non seulement des pâturages, mais aussi de la santé des animaux et de la qualité de vie des personnes qui le pratiquent.
Une bonne gestion des pâturages et de l'alpage est en effet la clé pour que le pastoralisme de montagne puisse rester au centre de l'économie locale, avec et non pas en opposition au développement d'un tourisme attentif et durable, comme celui qui est promu avec toujours plus d'implication et de conviction par les refuges et les aires protégées.

 

Ormea

 

Un Maire qui a (encore) quelque chose à apprendre

Beaucoup de bonnes propositions au centre de la rencontre remettent en mémoire l'attaque portée fin août par le Maire d'Ormea - Giorgio Ferraris - élu en mai dernier - contre les éleveurs qui pratiquent le pâturage et qui sont obligés de défendre leurs animaux avec des chiens de protection de troupeau à cause de la réintroduction et de la prolifération des loups.
Il semble qu'à ce propos le Maire ait été exposé à beaucoup de critiques à la suite de certaines plaintes faites par des randonneurs non préparés (même pour une marche, une préparation est utile quand on se trouve pas dans son propre habitat, ndr).

En l'occurrence, le cas qui avait amené Ferraris à s'exprimer de la sorte aurait eu comme protagoniste un membre de son conseil municipal qui, effrayé par l'agressivité de certains chiens de la race berger de Maremme et Abruzzes, s'était adressé à lui pour demander une réprimande envers ceux qui vivent et travaillent en montagne. L'espoir est donc que des rencontres comme celle-ci permettent aussi aux administrateurs locaux –avant de parler mal à propos– de comprendre que la première négligence est la leur, celle de ne pas éduquer (avec des panneaux pour avertir des comportements à tenir) les touristes qui pratiquent la montagne sans aucune connaissance de la montagne.

 


Les autres Rendez-vous

Pour revenir à la rencontre sur «le bon pâturage», le programme prévoit une table ronde, un moment de rencontre entre ceux qui s'occupent de pâturages - parce qu'ils les gèrent, parce qu'ils y mènent leurs animaux en estive, ou simplement parce qu'ils les fréquentent pendant leur temps libre - pour se confronter et affronter ensemble les difficultés de gestion.
«La montagne», soulignent les organisateurs, «est une grande ressource et il n'est pas de meilleur moment que celui-ci pour unir les énergies, résoudre les critiques et proposer de nouvelles idées afin de pouvoir retirer le meilleur du territoire alpin tout en respectant un environnement délicat et précieux».
Pour compléter le cycle de rencontres sur «le plaisir de vivre les hautes terres», les autres rendez-vous sont prévus en décembre et en mai 2015. La première rencontre du jeudi 11 décembre «Equilibre entre les espèces» (sous-titrée «connaître pour mieux cohabiter») semblerait dédiée aux haussements de ton du Maire Ferraris (nous espérons qu'il y enverra quelques proches collaborateurs ndr), tandis que le dimanche 17 mai, ce sera le tour de «Sœur eau, sœurs herbes», qui abordera «la révolution du potager» dans l'environnement montagnard.


Ces rencontres auront lieu à l'Ecole Forestière « Barbero», Viale Novaro 96, Ormea.

Vivere le terre alte


Notes :

* les"ndr" sont dans le texte d'origine (et non ajoutés en traduisant !)

* Si vous ne savez pas à quoi fait référence l'appellation "Soeur", la musique du bel Angelo fera l'affaire et le titre de la chanson est facile à comprendre  !


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