Traduction ci-dessous de l'article publié le 31/05 sur le blog Ruralpini, article signé Michele Corti.

Escursionista ferito da un orso in Trentino

Choose language Tweet Scorri i principali temi di Ruralpini e accedi agli indici degli articoli Ti potrebbe interessare anche L'organizzazione intorno alla quale sta nascendo una coalizione federale svizzera contro la reintroduzione dei grandi predatori http://www.atsenzagp.org/it/ Ti potrebbe interessare anche (14.12.14) La Lessinia i lupi non li vuole proprio In Lessinia le bugie del partito del lupo non attaccano.

http://www.ruralpini.it

Eté 2015 : Tourisme dans le Trentin pour amateurs de frissons. Un  randonneur blessé par un ours sur un sentier.

Ces temps-ci dans le Trentin les Seigneurs de l'ours jubilent à l’arrivée de sept portées et les animalistes exultent à la nouvelle que les petits de Daniza sont bien vivants. Et pourtant la saison touristique s’ouvre avec une nouvelle préoccupante pour les opérateurs touristiques qui jubilent moins par contre. La joie des forestiers au sujet des ours semble pour le moins irresponsable, si l’on considère  le scandale d’août dernier, le lynchage du pauvre vétérinaire mais aussi celui des forestiers de la Province, des gens du Trentin en général taxés de « sanguinaires » et de « tueurs d’ours sadiques » par une campagne animaliste qui a trouvé un large écho dans  les médias nationales.

 

Savoir qu’en parcourant un sentier vous pouvez vous retrouver nez à nez avec une grosse bête capable de tuer d’une « caresse » un animal bien plus grand qu’un homme, peut exciter le secteur du « tourisme à frissons » mais représente une puissante force de dissuasion pour le tourisme familial, pour les randonneurs normaux qui désirent de l’air pur et des promenades saines. Alors que les féroces polémiques sur l’ourse Daniza (morte l’été dernier d’une anesthésie lors de sa capture) viennent  à peine  de s’apaiser, la Province aborde le problème avec impudence et irresponsabilité en proclamant qu’il n’y a aucun danger et que dans le cas de la dernière agression aussi il s’agit d’une « fausse attaque ».

«Fausse » ou « vraie » la dernière agression montre que tomber sur un/une ours(e) représente objectivement un danger. Et pas seulement si vous sortez des sentiers et pénétrez dans les bois mais aussi si votre chemin à suivre est un sentier.

Le malchanceux qui affirme avoir reçu un coup de patte est un homme de 42 ans, Marco Zadra, résidant à Villazzano. Est-ce sa faute ? Il courrait sur un sentier dans les bois au-dessus de Zambana Vecchia, un village de la vallée d'Adige pas loin de Trente. Il était 20h et il rentrait dans la vallée. Les soignants de l’hôpital Santa Chiara de Trente (comme le rapporte le quotidien Il Trentino) ont parlé de « blessures compatibles avec une agression d’ours ». Le coup de patte a dû être soigné avec huit points de suture. La blessure est profonde de 2cm et il semble franchement difficile de croire qu’on puisse se faire une entaille aussi profonde en tombant (comme c’est arrivé plusieurs fois au malchanceux). En tout cas,  Zadra répète que quand il est tombé l’ours s’en prenait déjà à lui et a « cherché à lui donner un coup de patte ». Comment les défenseurs de l’ours peuvent-ils parler de fausse attaque alors que l’ours a ensuite suivi l’homme ? Mystère !

 

La Province dit que c’est sa faute, qu’il n’avait pas à aller dans les bois le soir et « qu’il n’avait pas de clochettes »

La Province, qui a liquidé l'épisode comme « fausse attaque », attribue la responsabilité à Zadra qui n’avait pas de clochettes et qui est allé faire un tour tout seul dans les bois en soirée (comme dit la chanson « ne va pas dans les bois le soir »). Mais fin mai à 20h il fait encore jour. Si la Province avait le courage de ses actes, elle ne devrait pas se limiter à des « recommandations » mais à prendre des dispositions urgentes ( comme cela se fait en Roumanie ou dans certaines zones des Etats Unis). Elle devrait dire qu’on se peut plus se promener seul,  qu’on ne peut plus aller en montagne à 20h à la fin du printemps, qu’on ne peut plus faire de randonnées silencieuses en écoutant le chant des oiseaux, le gargouillement des ruisseaux, le frémissement des frondaisons des arbres, etc, etc mais qu’il faut faire beaucoup de bruit et au minimum porter des clochettes.

Dans son hypocrisie la Province se garde bien de mettre des panneaux à l’entrée des sentiers qui dictent toutes ces dispositions parce que cela reviendrait à admettre  1) que les ours sont dangereux; 2) que la liberté des trentinois et des touristes est limitée en faveur des ours ou mieux de leur Seigneurs, 3) que ours et tourisme ne vont pas ensemble.

En tout cas l'assesseur Dalla Piccola au lieu de rassurer les gens soulève une vague d’inquiétude quand il dit : « des cas comme celui de Zadra nous en enregistrons trois par an ».  Ainsi il « confesse » ce que beaucoup d’habitants du Trentin pensent (et quelquefois écrivent ou disent en public) : la Province cache les agressions pour ne pas faire peur aux touristes et pour ne pas faire augmenter l’aversion envers les ours.

Quant à ce dernier cas, il est évident qu’il doit entrer « de force » dans la catégorie des « fausses attaques » car autrement il faudrait mettre en œuvre, selon les « protocoles », la procédure pour les ours problématiques qui pourrait aboutir à sa capture. Mais étant donné ce qui s’est passé l’été dernier, créer de nouveaux cas Daniza, la Province n’y songe même pas. Entre protéger la population civile du Trentin et subir les campagnes des animalistes (très souvent menées avec des insultes et des menaces) la province dans le plus grand opportunisme opte pour la seconde. Une politique myope qui conduira à de nouveaux drames.

Toujours est-il que Zadra s’est réservé de fournir à froid « une version plus correcte par rapport à ce qui s’est passé ». Un citoyen droit (espérons qu’il reste ainsi ) qui ne se laisse pas convaincre par des incitations à se taire ni à avaler les versions officielles de la Province, comme cela arrive souvent dans le cas de rencontres déplaisantes avec l’ours du Trentin.

Toute notre solidarité s’adresse à Zadra qui, en plus de ne pas être cru par la Province, est déjà cloué au pilori par les amis de l’ours ( qui traitent toutes les victimes du plantigrade de simulateurs).

 

Pour les forestiers, il n’y a qu’un seul mot d’ordre : se taire, minimiser, anesthésier.

Sur le site officiel de la province de Trente, on peut lire: En Italie, dans les Alpes et dans les Apennins,  il n’existe aucun cas documenté d’agression délibérée sur l’homme au cours des 150 dernières années, mis à part une attaque faite par une ourse accompagnée de ses petits à Pinzolo, dans le Trentin en août 2014.

Maintenant il faut faire une mise à jour ! Sauf si on continue à censurer les agressions survenues dans le même Trentin et certaines mortelles survenues en Europe ces dernières années. De plus, on raconte qu’en Roumanie les accidents mortels sont liés aux activités de chasse alors qu’il y a des cas documentés concernant des touristes et des habitants cherchant du bois ou des champignons. A ce sujet nous avons transmis plusieurs fois au Dr Groff des articles scientifiques et des sources journalistiques internationales prouvant qu’en Europe les agressions mortelles perpétrées par des ours contre des citoyens sans défense sont bien plus nombreuses que celles rapportées sur le site de la Province. Mais rien à faire. Les forestiers du Trentin doivent minimiser à tout prix la dangerosité de l’ours, ayant affaire à une population de plus en plus hostile au projet Life Ursus qui, en déplaçant un groupe de 10 ours mal sélectionnées depuis la Slovénie vers le Trentin, a donné le la pour cette réintroduction de l’espèce dans le Trentin. Et pourtant les forestiers du Trentin sont des employés du service public payés par le contribuable ; ils devraient donc s’en tenir au principe d’objectivité et non à la partialité politico-idéologique de l’activité administrative. Et pourtant…

 

Préoccupation et colère, mais il ne faut pas céder à la résignation ou à l’envie de se faire justice soi-même.

Comme chaque printemps, le Trentin est secoué par les histoires d’ours. D’année en année, l’opposition de la population face à l’augmentation de la présence du plantigrade prend de l’ampleur. Mais la province espère toujours que les problèmes puissent se régler « à l’italienne », faisant confiance à la bonne étoile du pays (lo stellone). Indice de la petitesse de la « classe politique locale ».

Cependant  les gens des vallées ne doivent pas se résigner à se faire justice eux-mêmes (comme c’est en train d’arriver dans toute l’Italie avec les ours et les loups), mais il faut qu’ils s’organisent  sans avoir peur de défendre des droits sacrés qui passent avant tout : le droit de pouvoir vivre sur son propre territoire. En Suisse où il n’y a que 25 loups ( et où les ours qui s’y aventurent  risquent leur peau s’ils sont « mal élevés »), l'association ATsenzaGP (pour un territoire libre de grands prédateurs), née dans le Val Poschiavo, zone lombardophone du Canton des Grisons, est devenue cantonale et se prépare à créer une organisation fédérale avec des associations du Valais et du Tessin.

Par contre en Italie, avec 3000 loups qui s’étendent toujours plus et  70 ours environ sur les Alpes, l’écrasant pouvoir écolo-animaliste empêche la formation d’associations incisives et aguerries comme celle  de Suisse (dans le Trentin il existe un timide Comité anti-ours, dans le Piémont les associations Alte Terre et Adialpi s’occupent aussi d’autres sujets tout en assumant des  positions nettes et courageuses contre les grands prédateurs).

Ainsi donc le mot d’ordre qu’on entend un peu partout (également dans le Trentin, dans le Piémont, en Lombardie) est : « ne disons rien et résolvons le problème en silence ».

 

Le piège de « se faire justice soi-même »

 La politique de se faire justice soi-même est soutenue (de fait) même par les institutions et par les verts  qui, d’un coté – par pure propagande- présentent des propositions de lois pour mettre en prison les « braconniers » ( qui n’existent pas dans le sens que ceux qui éliminent des loups ou des ours sont bergers ou chasseurs avec un permis en règle), de l’autre sont très contents que ce soient les braconniers qui s’en chargent. L’affaire Daniza a mis en lumière le niveau d’hystérie que peut atteindre l’écolo-animalisme émotionnel. Tout le monde sait que dans la situation actuelle il faut contrôler les ours et les loups, mais personne n’a le courage de le faire. Souvenons-nous de ce qu’a dit le plus grand spécialiste du loup Luigi Boitani: « s’ils n’y avait pas les braconniers, nous aurions des loups à la maison ». Des loups dangereux à l’inverse de ce que voudrait nous faire croire la propagande écolo-animaliste financée par nos poches (Wolf Alps a reçu 7 millions d’euros) dans le sens que, selon Boitani (ipse dixit ):  « au bout de quelques générations lupines sans être poursuivi par l’homme le loup apprend que l’homme aussi peut être une proie attaquable sans risques ».

Se taire, subir et chercher à éliminer quelques spécimens en silence ne résout rien chers bergers, chers éleveurs, chers montagnards qui n’allez plus cueillir des champignons ni faire du bois ou qui vous mettez peut-être un revolver dans la poche (le spray au piment – contre l’ours - nos chères autorités n’en veulent pas). Il faut avoir le courage de s’organiser comme les suisses (et les français). L'Italie est un pays de despotes mais aussi de peureux et d’opportunistes. Quand  ils verront que vous êtes décidés et que votre position au sujet des grands prédateurs pourrait conditionner les comportements de l’électorat local vous verrez qu’ils commenceront à s’en occuper.

 

 


 A noter que l’association animaliste LAV (ligue anti-vivisection) déplore que la Province n'informe pas assez les habitants du Trentin et les touristes sur la conduite à tenir en cas de face à face avec un ours, pour permettre une "bonne cohabitation ". ( En théorie : garder son sang froid, ne pas paniquer, ne pas s’enfuir à toutes jambes, ne pas chercher à se défendre avec des pierres ou un bâton, ne pas se défendre avec un spray au piment c'est interdit, un fligue n'en parlons pas, etc, etc.. ).