En Italie, mêmes de fervents défenseurs du loup ne sont pas d’accord avec les déclarations illogiques, voire contradictoires, de Boitani. Exemple significatif : sur le forum 'CanislupusItalia', où le modérateur Duccio Berzi qui par ailleurs est un homme de terrain, technicien très impliqué dans l’aide aux éleveurs pour tenter de réduire la pression de prédation, notamment en Toscane où elle est très élevée (loups et hybrides) et où il intervient, parle à cœur ouvert dans un post de deux choses : ce dont il a été informé survenu dans le Centre loup de Popoli (des propos que Michele Corti avait repris dans son article intitulé « les fabriques de loups ») ; et ce qu’il pense de certaines déclarations de Boitani et des recherches sur le loup. Des projets LIFE financés par l’UE. 

traduction de ce que dit Duccio Berzi en novembre 2011:

"Certaines choses entendues pendant le congrès me donnent la chair de poule....Dans la présentation de la Dr Mattei, il est dit qu'on a fait se reproduire les loups de l'Espace faunistique de la Majella. Ceux-ci sont ensuite utilisables pour d'autres aires faunistiques ou bien en vue de réintroductions dans la nature (...). Nous sommes le seul pays au monde où d'un coté l’on demande des abattages et de l'autre on finance des structures qui « produisent » des loups. Toujours à Popoli, il y a quelques temps est arrivée une femelle chien-loup tchèque pleine probablement accouplée avec un loup (accouplement programmé par un éleveur). On l'a laissée mettre bas. Et maintenant il y a un nouveau groupe d'hybrides en captivité qu'ils ne savent pas comment gérer."

Donnée intéressante celle communiquée par Boscagli (1000 loups) vu qu’il n’y pas d’études réalisées pour avoir une estimation numérique. Par contre, j’ai bien aimé les questions de Fico à Boitani, tant sur les hybrides que sur la question : "est-il plus important de mettre un collier émetteur à un énième loup que d’avoir une donnée crédible sur la population italienne ?" Pour Boitani avoir une estimation numérique du nombre de loups en Italie est sans incidence…il est certainement plus important de faire une PVA (Population Viability Analysys). Mais pour faire une PVA, nous devons avoir de bonnes estimations numériques !!! Nous donnons raison à  Corti quand il dit que, dans le Piémont, on affirme d’un coté qu’il faut protéger le loup parce que du point de vue de la population alpine le nombre est encore bas sans savoir par ailleurs quel est le seuil au-dessus duquel le danger pour la conservation est dépassé…. Boitani encore, il se lamente parce que dans la province de Grosseto il n’a pas trouvé les données sur la prédation d’animaux domestiques (alors qu’en réalité la même administration les possède, dans un autre bureau….)

Selon lui le problème est que « les éleveurs sont obligés d’enterrer les carcasses, c’est pour cela qu’il ne font plus de déclarations ». J’espère que c’est une erreur, parce que c‘est justement ce qu'il est interdit de faire depuis quelques années déjà ! Peut-être qu’ils les ont fait enterrer !!!La solution selon Boitani est de modifier la réglementation régionale…dommage que cela ne dépende pas d’elle mais d’un règlement communautaire, bien connu des techniciens, auquel la Région doit se plier !

Mon impression est que ce monde de la recherche se désintéresse de plus en plus de l’acquisition de données utiles, pourtant liée au cordon ombilical des financements. La vitesse à laquelle évolue le "monde réel" est décidément plus élevée que celle à laquelle les chercheurs fournissent des réponses et c’est la véritable raison pour laquelle on assiste à des "décollages" comme dans le Piémont. La recherche devrait être un outil au service du monde réel, et dans ce cas il devrait y avoir un intérêt du secteur de l’élevage à la soutenir pour résoudre des aspects de gestion, mais au contraire ce qui arrive est que la recherche avance sans programmation et sur des thèmes qui n’ont aucun intérêt, biologique ou de gestion. La recherche continue uniquement parce que c’est la seule réponse que les Administrations savent donner…pour gagner du temps, conscients que d’une manière ou d’une autre les choses s’ajustent ensuite et que les gens s’adaptent. « En attendant on étudie le problème … »

Un projet Life est financé par des millions d’euros pour la création de protocoles partagés….Qui ensuite ne sont pas faits parce que le théâtre de marionnettes des chercheurs est le même depuis 40 ans…Ce que je dis : il y a besoin d’un Life pour quoi faire ? cela devrait être une chose naturelle, à coût zéro.

Je m’inquiète de voir ce qui ressortira à la fin du projet. Moi je prends mes distances…et dans ce sens je suis avec les bergers, excusez-moi du déballage, ciao .

(fin du post de Duccio B.)

Source ICI

 

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Concernant la recherche, une autre personne rejoint Berzi. Il s’agit du naturaliste Franco Zunino, si décrié pour son désaccord assumé avec la politique de surprotection du loup dans son Pays, et aussi avec Boitani. Défenseur du loup lui aussi. A la suite une traduction de ce qu’a écrit Zunino sur les mêmes sujets : des questions sur les « Centres Loup éducatifs » ou dans les collaborations entre ces structures, ainsi qu' à propos des « experts » et des études financées avec de l'argent public et qui les font (bien) vivre...

 Extrait d’une publication du 08/05/2015 :

On apprend que le Parc National des Abruzzes, pour satisfaire une demande du Parc Régional des Alpes Maritimes, aurait envoyé ou serait sur le point d’envoyer à ce Parc, un VERITABLE LOUP DES APENNINS (et des ABRUZZES!) qui était en captivité dans un village du Parc, récupéré par les gardes et ensuite soigné (il avait évidemment subit des traumatismes).

Comment donc une telle requête ? Est-ce que, comme n’importe qui connaissant le loup pouvait déjà le deviner, les loups tenus en captivité depuis plusieurs années dans le « Centre faunistique » de ce Parc (et aussi celui voisin du Mercantour) ne seraient pas des loups des Apennins ? Et, si tel est le cas, cette différence est-elle signalée aux visiteurs, au moins par des panneaux, des dépliants ? Et pourquoi, de ces nombreux loups soignés dans les Alpes, que ce soit dans le but d’en prélever l’ADN et/ou parce qu’ils ont été retrouvés dépérissant ou autre, n’a -t-on jamais pensé à prendre l’un d’eux pour le mettre ledit « Centre », étant donné qu’on les considère comme des loups des Apennins ? (il y a bien eu des individus capturés qu’il était ensuite difficile de remettre en liberté, comme par ex. le jeune loup d’Ormea il y a quelques années).

Au contraire non, quel hasard, ils en demandent un au Parc des Abruzzes, avec les coûts  de  transfert ! Une nécessité dont on aurait jamais dû sentir le besoin si, tant à l’intérieur de ce « Centre » qu’à l’extérieur en liberté dans les Alpes franco-piémontaises il y a, comme on se plait OBSTINEMENT à nous faire croire, des LOUPS des APENNINS ?

Qui sait quand viendra le jour viendra où l’on fera enfin la lumière sur ce point ?

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 Extrait d’une publication du 22/02/2015 :

 En Italie,  ne sont « experts » que les diplômés de nos universités. Ailleurs, en général,  est expert celui qui connaît réellement un problème, quelque soit le titre d’étude. Malheureusement, le moment est encore loin où l’on abolira la valeur du titre universitaire ; pour lequel il vous suffit d’avoir le morceau de papier pour que vous soyez considéré « expert ». Alors bien évidemment que sur le loup, les « experts » ne sont que des diplômés en biologie qui se sont consacrés à l’étude de cet animal (toujours avec rémunération évidemment!). Mais ces « experts », combien de fois disent-ils la vérité ? Plutôt, combien de fois semblent-ils ne dire qu’une vérité partisane, avec éventuellement des omissions (pour l’Eglise c’est un péché véniel, mais c’est toujours un péché !) ou avec des interprétations commodes des faits ou des analyses ? De ces vérités discordantes, nous avons pu en lire un certain nombre dernièrement sur les quotidiens, pour ne pas dire dans différents rapports, articles de presse ou déclarations lors d’interview  « faisant autorité ». Voyons-en quelques unes.

La louve qui s’est accouplée avec un mâle provenant de la Slovénie sur les Monts Lessini (Vénétie). On nous avait toujours dit qu’elle provenait des Apennins (affirmation de différents lycophiles) bien que l’idée d’une Padanie traversée par un loup pour se déplacer depuis les Apennins jusqu’à la  Lessinia paraissait une chose très peu crédible. Aujourd’hui nous apprenons au contraire qu’elle proviendrait des meutes qui se trouvent entre la France et le  Piémont (affirmation de l’universitaire spécialiste du loup Francesca Marucco : interview de Il Giornale).

L’estimation que j’ai faite en 2010 faisant état d’au moins 4.500 loups en Italie n’a jamais été démentie : ils se sont limités à dire que c’était un « bobard ». Ils ont même écrit que ce chiffre n’était pas fiable car obtenu « sur la base de calculs personnels ».
Mais les calculs jusque là donnés par d’autres organismes n’étaient-ils pas peut-être aussi  des calculs lancés en l’air ? (ils le sont). Au point que le Pr. Boitani a déclaré qu’on ne connait pas le nombre de loups qui forment la population italienne (affirmé lors d’une interview du site Gaianews). Ou bien est-ce que les calculs « officiels » ne sont considérés comme fiables uniquement parce qu’ils sont calculés par les prétendus « experts » ? Et pourtant mon calcul a été fait en partant justement des données, objectives et vérifiables, des prétendus « experts », et basés sur leurs indications scientifiques ? Ou bien les calculs donnent-ils des résultats différents en fonction de qui presse sur les touches des calculatrices ?!

A-t-on jamais lu en Italie, un article de journal ou un interview, dans lequel on parlait des loups qui sont tués dans tous les autres pays à cause de leur population, pour les tenir sous contrôle et contenir les dommages qu’ils font ? Et pourtant, il y a des événements qui arrivent partout dans le monde : mais quel hasard, partout moins qu’en Italie !

Tous diminuent l’impact des loups sur le bétail et les animaux domestiques. On cherche au maximum à les décharger sur les chiens et les hybrides (ainsi personne n’a les dommages !). « Il faut de plus considérer que les dommages sur les troupeaux sont aussi faits par des chiens errants et même par les chiens des chasseurs, pendant les battues de chasse . Il ne faut donc pas tomber dans l’erreur de généraliser, en faisant porter une faute qui reste à démontrer (…), il y a toujours une alternative ». Voilà la défense habituelle des écologistes (dans ce cas les associations de la Val di Vara, dans le spezzino (cf Pezia)).

Jamais ils ne sollicitent les autorités pour payer rapidement et totalement les dommages ou, en alternative, se proposent eux-mêmes de les payer, au moins ceux dont il est certain que ce sont les loups !! Au contraire, on ne parle quasi jamais de ce sujet épineux : en attendant ceux qui « payent » sont ceux du monde rural.

On ne parle uniquement que de la valeur biologique du loup, de l’importance scientifique de l’avoir dans nos montagnes pour sa fonction biologique. De sa beauté comme animal ! Mais quelle « manne » représente ces loups pour leurs amis, avec les projets Life à n’en plus finir pour les chercheurs: mais jamais un seul euro pour les éleveurs !

Les loups sont même présentés  comme « attracteurs touristique ». C'est-à-dire qu’au lieu de reconnaître aussi les dommages et les problèmes sociaux de la présence du loup, on ne parle que du supposé aspect positif (mais attendons que les nouvelles d’agressions sur l’homme et ses animaux de compagnie augmentent, comme les faits le démontrent de plus en plus – c’est le cas récemment en Suède -, ensuite nous verrons quelle attraction touristique feront les loups !)

On parle de « niveau de cohabitation entre l’animal symbole du sauvage et l’homme contemporain » qui aurait « fait école dans le monde » (toujours l’experte Francesca Marucco). Certes, sauf que le cohabitation a été et continue d’être IMPOSEE, non voulue par les habitants des montagnes italiennes. Mais ceci  Marucco ne nous le dit pas. Elle nous parle ensuite de ses rapports avec les universitaires du Montana (USA), sans nous informer des mesures qui ont été prises aux Etats-Unis – et qui doivent encore être prises : il y a une proposition de loi en discussion au Congrès justement ces jours-ci – pour limiter le nombre de loups.

 Marucco toujours, nous parle aussi d’une croissance de 11% par an de la population des loups dans les Alpes. Comme par hasard une donnée qui, si on l’applique aux loups des Appennins, à partir de 1970 non seulement confirmerait mon estimation de 2010, mais la dépasserait de bien 2.000 individus et aujourd’hui on arriverait à presque 10.000 loups (en considérant que la moitié soient morts ou aient été tués, bien que j’imagine que les morts soient déjà compris dans ce 11%, mais il en reste toujours 5.000 )!

Ensuite l’ADN, toujours tellement précis dans les conférences publiques et les publications, pour ensuite être démenti en privé, quand on affirme l’impossibilité de distinguer les hybrides des vrais loups ou bien les loups « alpins » de ceux des Apennins : que pourtant d’autres soutiennent être une sous-espèce à protéger pour leur biodiversité ! Et comment fait-on pour les préserver, si l’on ne peut pas les distinguer des individus hybrides et des loups d’autres provenances ?

Les italiens ont besoin de vérité, pour pouvoir décider quoi faire pour résoudre le problème, et non d’incertitudes et de discordances sur tout ! Malheureusement il n’y a qu’avec ces « experts de manuels » que les autorités se confrontent, du fait qu’ils ont le sacre d’un chiffon de papier, alors que souvent les éleveurs et les bergers, les gens du monde rural ou ceux qui vivent le ruralité, y compris si c’est seulement en chassant ont souvent plus d’expérience qu’eux : il n’ a jamais une équipe qui comprenne aussi les stakeholders (mot à la mode aujourd’hui) ! ("parties prenantes".).

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dans un autre article Franco Zunino s'interroge sur un "empressement" à étudier le loup des Alpes, alors que l'expansion du loup vers les régions Sud du Pays n'est pas étudiée....