Sur le site MEDIASET, un reportage dans la Province de Parme ( là où sévit aussi une meute qui s'est spécialisée dans la prédation de chiens) sort un peu du lot et des ritournelles complaisantes. Il montre comment se passe la cohabitation homme-loup en ce début de siècle dans une zone peuplée. Théorie d'experts s'opposent au vécu des habitants. Le seul moyen (illégal) trouvé et employé pour limiter une population de loup qui n'a pas assez d'espace est infiniment plus cruel qu'un abattage légal.

 

Video Le Iene: RUGGERI: Quando il lupo diventa una minaccia - I SERVIZI | MEDIASET ON DEMAND

I SERVIZI: RUGGERI: Quando il lupo diventa una minaccia. I lupi stanno ripopolando l'entroterra emiliano e minacciano gli allevamenti.. Guarda su Video Mediaset del programma Le Iene!

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Traduction de ce qui est dit dans la vidéo intitulée "Quand le loup devient une menace":

 

Nous sommes dans la province de Parme et quelque chose d’incroyable se passe dans l’arrière pays : les vallées se sont repeuplées d’un animal timide mais qui peut être aussi très agressif : le loup . Et la population locale commence à être à cran.

- Un vieil homme (Emilio) dit : " ils veulent nous faire manger par les loups ! Non. Les loups, il faut les abattre. Mes parents étaient de 1893, ils ne m’ont jamais parlé des loups. S’ils entrent sur mon territoire, je les mets dehors, avec le fusil, oui. Il y en a des milliers et des milliers."

Emilio est exaspéré comme la majeure partie des habitants de la zone. Ici les maisons et les élevages se trouvent à coté des bois où vivent les loups. Les propriétés sont clôturées mais ce n’est pas adapté à ce super prédateur qui les franchit et attaque la nuit. Cette fois c’est un jeune chien qui a perdu la vie.

Ecoutez ce qui est arrivée à Rafaela .

- Rafaela : le loup est entré à l’intérieur et il m’a dévoré une chèvre

- Question : toi, tu l’as vu le loup ?

- Rafaela : non, nous ne l’avons pas vu, nous avons juste vu les traces sur le sol

- Question : dans cette zone, combien comptez-vous de prédations  ?

- Rafaela : 4/5 prédations par semaine

 

Et en effet, habiter quelque part où il y a 4/5 attaques de loups par semaine n’est pas une vie facile. Nous comprenons parfaitement Claudio qui possède beaucoup d’animaux dans sa ferme agro-touristique, tous enfermés dans des structures assez lourdes, mais pas encore assez pour le loup.

- Claudio : mais ils défoncent les clôtures !

Et ils font des festins avec ses animaux...

- Claudio : il n’y en a pas qu’un seul, il y en a quatre ou cinq… j’ai peur qu’ils s’en prennent aux enfants ou aux gens..on ne peut pas prendre le fusil parce que c’est illégal, ils sont protégés, mais s’ils m’attaquent je me défendrai…

 

(Un homme avec un sweat vert montre à la journaliste l’endroit précis où les loups ont tué son poney).

Ensuite le chasseur dit : " pendant la saison de chasse nous avons subi une prédation de plus de 50 chiens, attaqués par des loups quand ils étaient en train de poursuivre du gibier en aboyant. Ils les ont attaqués et mangés."

 

Ensuite la journalise demande à une femme si elle a vu des loups. Celle-ci répond « oui, ici sur la place ».

et à un homme dans la rue, elle demande si les loups tournent aussi autour des habitations. Il répond «  oui, où il y a des chiens… » un autre dit : «  nous devons faire en sorte que les loups ne se baladent pas dans les rues la nuit ! il faut les capturer et les mettre ailleurs ! »

 

On constate bien ici la paranoïa, d’être attaquer d’un moment à l’autre, on a peur de laisser les enfants jouer dehors, de se voir dévorer des animaux qu’on aime, en plus de petits éleveurs qui perdent plus de 1000 euros de bétail. Et même en nous, nous sentons monter la paranoïa pendant que nous interrogeons Emilio : «  il faut frapper, ne pas laisser les loups faire la loi »…et son frère qui évidemment est aussi contre le loup  : « il faut sortir le fusil et tirer ! «, quand tout à coup en parlant de loups et de tirer on voit quelque chose sur la route. C’est un chien noir, mais à force de parler de tous ces loups qui rodent on se dit qu’on pourrait en voir un de près. Et donc, accompagné d'un chasseur expert, nous allons de nuit dans les bois à la recherche du super prédateur.

- Question au chasseur :  si un loup s’approchait de toi, est-ce que tu saurais comment te comporter ou est-ce que tu aurais peur ?

- Réponse du chasseur : je vais être honnête, je vais toujours dans les bois avec un couteau de chasse, et si un loup m’attrape le bras gauche il y restera, j'assurerai tout seul mon autodéfense !».

 

Nous sommes avec la bonne personne car arrivé à l’endroit où il devrait avoir des loups, nous trouvons beaucoup de belles déjections qui ne sont pas comme celles des chiens, elles sont pleines de poils, ceux des animaux qui ont été dévorés. C’est la confirmation que les loups sont bien dans les parages, et nous décidons d’aller voir les pièges photos. Ce dispositif est aussi technologique qu’efficace ; il y a à l’intérieur un appareil photo infrarouge qui se déclanche grâce à un détecteur de mouvement. A chaque passage dans le champ d’action on obtient une belle photo.

- Question au chasseur : « quelle est la distance entre ici et la première maison ? »

- Réponse : « 500 mètres »

 

Nous en installons un piège photo sur cet arbre, nous assurons qu’il fonctionne bien et nous nous éloignons. Au bout d’une demi-heure, un loup solitaire arrive. Nous étions sur place à 22h30, la photo a été prise à 23h. Ces terres sont vraiment pleines de loups ! Nous cherchons ensuite à en savoir un peu plus sur cet animal.

Nous allons voir Francesca, la meilleure experte des loups qui les étudient en laboratoire et sur le terrain.

- Question à l’experte : « est-ce que les loups sont vraiment dangereux pour l’homme ? »

- Réponse de l'experte : « c’est ce qu’on nous a toujours appris que le loup est un être à craindre, mais le loup n’est pas dangereux »

- Question : « si quelqu’un voit un loup, que doit-il faire ? »

- Réponse de l’experte (qui tape dans les mains pour montrer ce qu’il faut faire) : «  du bruit, etc. et le loup s’en va ! »

- Question : «  certes, il s’éloigne de l’homme, mais existe-t-il une manière de protéger ses animaux ? »

- Réponse de l’experte : « des enclos électrifiés »

(il est montré ensuite une simulation avec portail électrifié et un loup reculant après avoir pris une châtaigne)

-Question : «  et un autre moyen pour se protéger ? »

- Réponse de l’experte : « les fameux chiens blancs, les bergers de Maremme »

 (Ensuite on voit un lieu protégé par trois chiens de défense où des lapins domestiques et des canards gambadent et profitent de la vie)

Donc ce sont les conseils des experts pour cohabiter avec le grand prédateur. Cependant, ceux qui vivent sur le territoire et ont recueilli 20.000 signatures ne le voient pas de cette manière !

- Un éleveur dit : « On nous propose les chiens contre les loups. Mais ils sont agressifs envers  les hommes ! alors qu’est-ce qu’on fait ? On se protège du loup avec des chiens et on se fait manger par ces chiens anti-loup ?! »

- Une femme : " dans ces vallées, nous avons toujours été habitués à circuler librement "

- Le vieil Emilio : " nous voulons être comme nous étions avant avec nos bêtes dans les pâturages, sans enclos, sans rien. S'ils veulent des loups, qu’ils fassent des enclos pour les loups, ce n’est pas à nous de les faire pour nos bêtes !".

 (La journaliste revient vers l’experte.)

- Question : «  mais enfin, si ces loups sont des animaux sauvages qui vivent dans les bois, pourquoi les retrouve-t-on aux portes des maisons ? »

- Réponse de l’experte : « les territoires montagneux ne sont plus disponibles parce qu’ils sont (déjà) occupés par des meutes de loups « 

En effet, chaque meute de loups occupe un espace immense (200 km de rayon) et est composée en général de quatre ou cinq individus. Le groupe défend son territoire en tuant les autres loups qui l’envahissent et donc les jeunes qui cherchent des espaces sauvages et n'en trouvent pas descendent dans les vallées et, comme nous l’avons compris, ils entrent en conflit avec l’homme.

Au point que ceux qui vont dans les bois résolvent le conflit de cette manière :

- (un homme dont on ne voit pas le visage parle) :  «  cette année nous en avons déjà tué 15… »

-  La journaliste (s’étonne ):  « vous avez tué 15 loups ici ?! »

- L’homme : «  on le fait avec un fil qu’on attache à un arbre… à un mètre et demi de hauteur, on met de la viande fraîche sur un hameçon. Un hameçon de pêche. Le loup saute et s’y accroche. A ce stade pour se détacher de l’hameçon il doit forcer et s’arracher toute la lèvre. Et ensuite à force de tourner dans les bois, la blessure s’infecte et il en meurt. Nous les laissons sur place, d’autres animaux passent et les mangent. Eh ! c'est qu' ils nous cassent les couilles ».

- La journaliste  lui dit  : «  eh oui, j’ai bien compris, mais …ils ne sont même pas achevés…je veux dire.. trouvez une autre solution... »

- L’homme répond : « c’est comme ça. A ce jour, c’est la seule solution »

- La journaliste : « mais vous savez que vous risquez tout de même de finir en prison… »

 

(Ensuite on repasse à l’experte) :  « le niveau de braconnage contre le loup est élevé. Nous en avons retrouvé un empoisonné la semaine dernière. Il pourrait être le mâle alpha d’une meute, le papa de la meute si l’on peut dire »

- (La journaliste précise) : Ce loup est mort d’un appât empoisonné classique qui tue l’animal après une longue agonie.

- L’experte (au sujet de l’empoisonnement) : « c’est la technique la plus sournoise et la plus écœurante que puisse utiliser les braconniers qui veulent éliminer des grands carnivores »

 

(Et la journaliste conclut) : le débat est évidemment compliqué.  Une vie normale devrait être garantie aux habitants de ces vallées, mais la vie du loup devrait aussi être garantie. Jusqu’ici , rien n’a été fait… et si quelqu’un a des idées…

 

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